Plus d'élève grâce à la formation continue en aïkido

1.11.2018
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Bénéfices de la formation continue en aïkido

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Jean-François Fabre est pour Saint-Laurent-du-Var Monsieur BF (Brevet Fédéral). Quasiment tous les professeurs d’aïkido de Saint-Laurent-du-Var sont passés entre ses mains expertes pour obtenir leur Brevet d’enseignement, sans parler que notre ancien maître : Carlo Andolfi ; outre les stages qu’il coanimait avec lui comme le stage de la commission médical ; entretenait d’excellentes relations avec Jean-François. C’est donc dire l’affection particulière que porte le Stade Laurentin Aikido à “Jef”.

C’est ce qui a motivé mon envie de lui donner aujourd’hui la parole sur notre site Internet. Un juste retour des choses il me semble, car même si Jean-François Fabre est CEN (chargé d’enseignement national) en charge de plusieurs commissions liées à la formation des enseignants (Écoles des cadres, BF, CQP, DEJEPS) et membre du comité directeur du comité interdépartemental de Midi-Pyrénées ainsi que du comité directeur national et par conséquent énormément sollicité, il a toujours su se rendre disponible dans les moments où certains d’entre nous en ont eu besoin. Lui qui ne tarit jamais de conseils et qui sait apporter du réconfort pour faire face aux difficultés inhérentes à toute progression et recherche en Aïkido.

Alors pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, l’occasion était toute trouvée d’en savoir un peu plus sur son approche et sa vision de la pédagogie, de l’enseignement et de la formation continue des aïkidokas.

Jean-François, tu as décidé d’encadrer la formation BF et la commission médicale pourquoi ces choix ?

Je ne dirais pas que j’ai « décidé » d’encadrer la formation BF. Il y a quelques années, on m’a proposé de rejoindre le groupe des CEN et de m’occuper de former les candidats au Brevet Fédéral.

J’avais déjà coanimé ce type de formation pendant trois saisons avec Serge Sans en Midi-Pyrénées quand j’y étais CER. J’ai quelques notions de pédagogie du fait de ma profession… Il semblait donc que j’avais le profil…

Quant à la commission médicale, c’est Nicole Sicard qui m’a proposé, lorsqu’elle en a pris la responsabilité, de devenir le technicien référent de cette commission. J’ai accepté…
J’aime appréhender l’Aïkido selon ses multiples composantes.
Shin, Ghi, Taï… et tant d’autres choses…

NDLR :

  • Shin représente l’esprit au sens de la pensée qui nous anime.
  • Gi représente la technique et la manière d’exécuter ces techniques.
  • Tai représente le corps, c’est le véhicule sans qui rien ne peut s’exprimer.

Le format de la formation BF change, quels vont être les plus de ce nouveau format ?

En effet, la formation BF va être assez profondément remaniée.
La formule habituelle se déroulera toujours sur trois week-ends de formation et un de certification.

Le premier module se fera sous la responsabilité d’un CEN formateur BF, ainsi que l’examen, tandis que les modules 2 et 3 se feront sous la direction de membres de la commission technique régionale qui accueillera cette formation.

Un des intérêts de cette nouvelle formule est de tendre à régionaliser la formation, de se rapprocher des équipes techniques régionales, de leur donner un rôle important dans la formation essentielle qu’est la formation des futurs professeurs régionaux.

Les techniciens régionaux formateurs connaissent bien le terrain, ses besoins, ses acteurs. Ils seront à même d’apporter des réponses adaptées, personnalisées. Le CEN étant là pour un cadrage de la formation.

Parallèlement, une autre formule est mise en place. Il s’agit d’une semaine de formation / certification au dojo Shumeïkan de Bras sous la direction de deux CEN, qui seront Xavier Boucher et moi-même.
Le stage pédagogique se déroulera en amont de la formation.
Nous craignions que libérer une semaine serait un obstacle, il s’avère que nous avons reçu plus de demandes que nous pourrons en satisfaire. Il est peut-être plus facile de libérer une semaine que quatre week-ends…

En tout cas, passer près d’une semaine d’Aïkido à Bras, devrait être une belle expérience. Je l’espère…

Bénéfices de la formation continue en aïkido

Quels sont les bénéfices de ces formations pour le pratiquant et pour quelles raisons recommanderais tu as un pratiquant de les suivre ?

L’Aïkido est une discipline complète et extrêmement riche. C’est un univers fascinant. Pour le connaître, il faut multiplier les entrées, investiguer… pour mieux synthétiser et se l’approprier…

Le faire sien pour arriver au « Connais-toi, toi-même » grec pas si éloigné de Agatsu Masakatsu (« la vraie victoire est une victoire sur soi ») de Morihei Ueshiba.

NDLR :

  • Masakatsu c’est vaincre par la Vérité ou “la victoire correcte”.
  • Agatsu c’est complètement réussir la mission que le Ciel nous a donnée. “Gagner” conformément à cette mission.

Il faut s’intéresser à la civilisation japonaise, à l’anatomie, à la physiologie et à tout ce qui peut nous enrichir intellectuellement, culturellement… Nous rendre plus « intelligents »…

L’Aïkido est un chemin, pas une fin en soi.

Un des écueils que l’on rencontre, c’est le cas d’un pratiquant qui obtient son Shodan (1er DAN) ou Nidan (2e DAN), puis son BF et qu’après on ne voit plus du tout en formation continue ou aux stages. Comment le BF prépare à ça et évite cet écueil ?

Ta question appelle plusieurs axes de réflexion.
Premièrement, quand le professeur va en stage, ses élèves y vont. Et bien sûr, quand il n’y va pas, les élèves n’y vont pas non plus.

La formation au BF sensibilise donc les futurs enseignants à cette responsabilité de présence aux stages et aux écoles de cadres (ou écoles régionales). Elle insiste sur le fait que l’exemple doit venir d’en haut !

Deuxièmement, nous avons fait le constat après avoir formé des centaines de titulaires du Brevet Fédéral que le nombre de clubs n’augmentait pas forcément en conséquence.

Nous avons donc cherché à en comprendre les raisons et fait évoluer la formation en conséquence pour qu’elle sensibilise à la responsabilité que représente la prise en la charge d’un club – car c’est bel et bien une charge, même si elle amène d’énormes satisfactions.

Ne l’oublions pas le Brevet Fédéral tente de donner une formation pratique d’enseignement, pour être opérationnel immédiatement. C’est pour cela qu’aujourd’hui le cursus intègre de nouveaux outils destinés à aider les futurs titulaires au BF dans la gestion au quotidien de leur club. Ainsi, nous l’espérons ils vivront cette formidable aventure beaucoup plus sereinement.

Ensuite, pour ce qui est du Shodan, certains considèrent peut-être qu’obtenir sa « ceinture noire » est comme trouver le Graal.

Mais il est important de rappeler que Shodan signifie simplement qu’on est au début de la pratique.

Afin d’éviter que cela ne génère peut-être des insatisfactions, des déceptions et un désengagement de certains pratiquants, le rôle de la formation au Brevet fédéral est aussi de sensibiliser les futurs professeurs à cette notion pour qu’a leur tour il l’a transmette à leurs élèves.

N’oublions pas que progresser demande des efforts, de la persévérance et de l’abnégation… Hemingway disait que « dans tous les arts, le plaisir croit avec la connaissance que l’on a d’eux », et si on s’en donne les moyens et que l’on ne s’arrête pas en chemin alors les vraies satisfactions viendront. C’est aussi à cela que la formation BF prépare.

La compétition s’exprime à tous les niveaux dans notre culture et notre société et particulièrement dans l’enseignement. Est-ce que l’Aïkido qui est par nature et par essence une discipline non compétitive a transformé ton approche de l’enseignement et si oui comment et dans quelle mesure ?

Il serait contre-productif de rejeter, a priori et par principe, la compétition.
Elle est néfaste, mais elle fait partie de nous. Sinon, elle ne serait pas aussi omniprésente !
Pour vaincre, c’est mieux de connaître son adversaire et de le prendre pour ce qu’il est…
L’économiste Thostein Veblen considérait que « la tendance à rivaliser est inhérente à la nature humaine » et que « chacun de nous a une propension à se comparer aux autres. »
Je le crois aussi -ou plutôt, je le crains- et donc faisons avec avant de faire contre, si tant est qu’on le souhaite.

De nos jours, nous sommes envahis par la compétition, par l’évaluation, les classements, les sélections… avec les dégâts psychologiques que l’on constate tous les jours et dont nous sommes tous plus au moins victimes.
On sait bien que la compétition crée un vainqueur et autant de vaincus que de participants, moins un.
A court terme, ça peut-être motivant pour certains de vouloir monter sur la plus haute marche du podium et de se battre pour ça. Mais à long terme ? Et pour les autres qui resteront irrémédiablement au milieu du peloton voire en queue ?
Frustration, esprit de revanche, rancœur, déprime voire dépression, comportements déviants (dopage, alcoolisme…)
Quel gâchis !

C’est là que l’Aïkido peut apporter des réponses et des vraies solutions. L’Aïkido nous apprend non pas la compétition, mais l’exact contraire, c’est-à-dire la coopération.

Je mesure après tant d’années de pratique la façon dont l’Aïkido m’a modelé. Mais la question que je me pose aujourd’hui est la suivante : Ai-je choisi l’Aïkido, ou bien est-ce l’Aïkido qui m’a choisi, d’une certaine façon ?

Et donc je te retourne la question, dans notre société pouvons délibérément faire le choix de la coopération ou bien est-ce la coopération qui nous choisi ? Je ne saurais répondre, en revanche ce que je sais, c’est qu’une pratique de l’Aïkido sensibilise à bien des égards à la coopération et libère sur de nombreux plans de l’emprise de l’esprit de compétition.

Bénéfices de la formation continue en aïkido

Si nos adhérents souhaitent découvrir ton travail l’année prochaine, quels sont les rendez-vous que tu pourrais leur proposer ?

Le sud-est est une région que j’apprécie pour plusieurs raisons. Le niveau technique y est excellent. Peu de régions peuvent s’enorgueillir de compter autant de techniciens de haut niveau !

Et puis aussi parce que j’ai animé les formations BF dans le Sud-Est pendant quatre saisons. Deux années en Côte d’Azur et deux autres en Provence… J’ai rencontré du monde, des liens amicaux se sont tissés…

Cette année je peux proposer aux adhérents du Stade Laurentin Aikido deux rendez-vous. Le premier à Bras au mois de mai ou j’animerais la formation pour BF, et le second au mois d’août pour l’incontournable Stage de Saint Mandrier auquel je serais présent comme chaque année.

Merci infiniment Jean-François pour cet éclairage qui nous est précieux.

Oui, mais en vrai alors ? Est-ce que la formation permet d’avoir plus d’élèves sur le tatami ?

Si nous devions faire un retour d’expérience, je dirais qu’ici à Saint-Laurent-du-Var grâce à l’action de Carlo Andolfi un fervent défenseur de la formation continue, qui lui-même avait créé et porté le projet des écoles des cadres en Côte d’Azur ; nous avons toujours été sensibilisés à l’importance de la formation continue des enseignants.

Tous les professeurs du stade Laurentin Aïkido sans exception continuent de se former pour rapporter au club du nouveau “matériel” et des nouveaux “sujets d’études”. Et les occasions de se former ne manquent pas. Ecoles des cadres, stages de ligues ou Nationaux, stages hauts gradés, mais aussi tous les mercredis les cours au Shumeïkan Dojo de Bras avec Claude Pellerin Shihan 7e DAN et Luc Bouchareu Shihan 7e Dan ou encore des visites régulières organisées pour rencontrer des cadres techniques d’autres régions comme la Provence, le Dauphiné Savoie, l’Ile de France pour n’en citer que quelques-uns.

Alors oui !! Nous sommes convaincus ici à Saint-Laurent-du-Var que notre démarche de formation continue contribue pleinement non seulement au succès de notre dojo qui est aujourd’hui un des clubs les plus importants du Comité Interdépartemental Côte d’Azur, mais également à sa bonne santé, au bien-être et à la motivation de ses adhérents. Cette démarche insuffle une vraie dynamique qui tel un cercle vertueux permet au club de rayonner.

Crédit photo : Denis Degioanni

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